{"id":1399,"date":"2007-06-13T07:59:32","date_gmt":"2007-06-13T06:59:32","guid":{"rendered":"http:\/\/www.jeanpierrevangorp.info\/site\/?p=1399"},"modified":"2007-06-13T08:00:28","modified_gmt":"2007-06-13T07:00:28","slug":"portrait-docteur-anne-spoerry-dite-mama-daktari","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.jeanpierrevangorp.info\/site\/portrait-docteur-anne-spoerry-dite-mama-daktari\/","title":{"rendered":"Portrait : Docteur Anne Spoerry dite \u00ab\u00a0Mama Daktari\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.jeanpierrevangorp.info\/site\/wp-content\/uploads\/2007\/05\/mamadaktari.jpg\" alt=\"mamadaktari.jpg\" \/><\/p>\n<p>Le nom du <strong>Docteur Anne Spoerry<\/strong> ne vous dit probablement rien mais elle a fait partie de l&rsquo;\u00e9quipe des <strong>Flying Doctors du Kenya<\/strong> jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort et \u00e9tait affectueusement surnomm\u00e9e par les Kenyans \u00ab\u00a0<em><strong>Mama Daktari<\/strong><\/em>\u00ab\u00a0.<\/p>\n<p>N\u00e9 en 1918 \u00e0 Cannes, <strong>Anne Spoerry<\/strong> est une jeune fille de bonne famille, comme on dit. Elle suit des \u00e9tudes dans un pensionnat anglais, pratique le polo, voyage avec ses parents. Tout bascule lorsqu&rsquo;elle assiste \u00e0 une conf\u00e9rence sur la mer Rouge. Elle souhaite alors se rendre dans la Corne de l&rsquo;Afrique mais la guerre va contrecarrer ses plans initiaux.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>En juin 1940, elle est en effet \u00e9tudiante \u00e0 la <strong>Facult\u00e9 de m\u00e9decine de Mulhouse<\/strong>. En compagnie de son fr\u00e8re, elle entre dans le <strong>r\u00e9seau de r\u00e9sitance du docteur Jean Bernard<\/strong>. Arr\u00eat\u00e9e en avril 1943, intern\u00e9e \u00e0 Fresnes, elle sera finalement d\u00e9port\u00e9e au <strong>camp de concentration<\/strong> pour femmes de <strong>Ravensbr\u00fcck<\/strong> jusqu&rsquo;\u00e0 sa lib\u00e9ration en avril 1945. Anne Spoerry fait partie des 10.000 femmes (sur les 150.000 d\u00e9port\u00e9es) qui ont surv\u00e9cu aux camps.<\/p>\n<p>En 1948, dipl\u00f4m\u00e9e en m\u00e9decine tropicale, elle s&#8217;embarque \u00e0 Marseille sur un cargo et fait escale \u00e0 <strong>Djeddah en Arabie Saoudite<\/strong> o\u00f9 elle soigne les p\u00e8lerins revenant de la Mecque. Elle s\u00e9journe ensuite un an au <strong>Y\u00e9men<\/strong> o\u00f9 elle est la seule femme m\u00e9decin et s&rsquo;occupe entre autres des princesses du harem.<\/p>\n<p>Invit\u00e9e par des amis \u00e0 se rendre au <strong>Kenya<\/strong>, elle est subjugu\u00e9e par ce pays et particuli\u00e8rement par la <strong>vall\u00e9e du Rift<\/strong>. D\u00e9cid\u00e9e \u00e0 s&rsquo;installer dans le Nord du Kenya dans la <strong>r\u00e9gion du Marsabit<\/strong>, l&rsquo;administration coloniale britannique le lui refuse, craignant que son temp\u00e9rament fougueux ne cause des probl\u00e8mes. Finalement, elle s&rsquo;installe dans une ferme pr\u00e8s des <strong>monts Aberdare<\/strong> dans la <strong>r\u00e9gion de Nairobi<\/strong> et devient m\u00e9decin de campagne.<\/p>\n<p>Elle exercera sa profession m\u00eame au moment des troubles de l&rsquo;ind\u00e9pendance au d\u00e9but des ann\u00e9es 60 lorsque la r\u00e9volte des Mau-Mau fait rage. Cette femme qui n&rsquo;a d\u00e9cid\u00e9ment peur de rien, se prom\u00e8ne munie d&rsquo;un revolver qu&rsquo;elle ne quitte pas m\u00eame pour dormir&#8230;<\/p>\n<p>A l&rsquo;ind\u00e9pendance, elle est expropri\u00e9e de sa ferme mais d\u00e9cide de rester malgr\u00e9 tout au Kenya et rach\u00e8te une ferme plus petite \u00e0 Subukia. A 45 ans, elle d\u00e9cide aussi de prendre ses premiers <strong>cours de pilotage <\/strong>avec un ancien instructeur de la RAF. Avec ses 50 heures de vol \u00e0 son actif, elle rentre m\u00eame en vacances en France \u00e0 bord d&rsquo;un Cherokee 235.<\/p>\n<p>C&rsquo;est \u00e0 cette \u00e9poque que le <strong>docteur Michael Wood<\/strong> qui a fond\u00e9 les <strong>Flying Doctors<\/strong> (<em>les m\u00e9decins volants<\/em>) la contacte. Anne Spoerry int\u00e8gre bien volontiers leur organisation qui a pour but d&rsquo;aller soigner les populations enclav\u00e9es du Kenya.<\/p>\n<p>C&rsquo;est sous son impulsion que sera mis en place un \u00ab\u00a0vol m\u00e9dical\u00a0\u00bb dans le district recul\u00e9 du Marsabit et vers l&rsquo;\u00eele de Lamu. Engag\u00e9e aux c\u00f4t\u00e9s des \u00ab\u00a0Flying doctors\u00a0\u00bb du Kenya, elle a poursuivit ses activit\u00e9s juqu&rsquo;\u00e0 sa mort, n&rsquo;h\u00e9sitant pas \u00e0 se rendre dans des endroits parfois tr\u00e8s difficiles d&rsquo;acc\u00e8s.<\/p>\n<p>A 80 ans, Anne Spoerry comptabilisait plus de 8.000\u00a0heures de pilotage. C&rsquo;est son avion 5Y-AZT surnomm\u00e9 \u00ab\u00a0Zoulou tango\u00a0\u00bb qui l&rsquo;accompagnait le 6 f\u00e9vrier pour son dernier vol vers l&rsquo;\u00eele de Lamu o\u00f9 elle repose face \u00e0 l&rsquo;Oc\u00e9an indien.<\/p>\n<p>En m\u00e9moire du docteur Anne Spoerry affectueusement surnomm\u00e9e \u00ab\u00a0<em><strong>Mama Daktari<\/strong><\/em>\u00a0\u00bb qui consacra plus de 35 ans de sa vie \u00e0 soigner les autres au Kenya, l&rsquo;antenne AMREF Monaco (African Medical Research Foundation &#8211; Fying Doctors Monaco <a href=\"http:\/\/www.amrefmonaco.org)\/\">http :\/\/amrefmonaco.org<\/a>\u00a0a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e afin de permettre de continuer sa mission et soutenir les diff\u00e9rents projets qu&rsquo;elle avait initi\u00e9s.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le nom du Docteur Anne Spoerry ne vous dit probablement rien mais elle a fait partie de l&rsquo;\u00e9quipe des Flying Doctors du Kenya jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort et \u00e9tait affectueusement surnomm\u00e9e par les Kenyans \u00ab\u00a0Mama Daktari\u00ab\u00a0. 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