{"id":2302,"date":"2007-10-24T06:20:07","date_gmt":"2007-10-24T05:20:07","guid":{"rendered":"http:\/\/www.jeanpierrevangorp.info\/site\/?p=2302"},"modified":"2007-10-24T06:21:55","modified_gmt":"2007-10-24T05:21:55","slug":"portrait-sabine-zlatin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.jeanpierrevangorp.info\/site\/portrait-sabine-zlatin\/","title":{"rendered":"Portrait : Sabine Zlatin"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.jeanpierrevangorp.info\/site\/wp-content\/uploads\/2007\/09\/sabinezlatin.jpg\" alt=\"sabinezlatin.jpg\" \/><\/p>\n<p><strong>Sabine Zlatin<\/strong>, de son nom de jeune fille Chwast, est n\u00e9e \u00e0 Varsovie en 1907. Elle est la petite derni\u00e8re d&rsquo;une grande famille qui compte avec elle 12 enfants.<\/p>\n<p>Vers 1925, elle d\u00e9cide quitter sa famille et surtout de fuir l&rsquo;antis\u00e9mitisme ambiant\u00a0qu&rsquo;elle ressent d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque en Pologne. Elle s&rsquo;\u00e9tablira successivement \u00e0 Dantzig (aujourd&rsquo;hui Gdansk), K\u00f6enigsberg, Berlin et puis <strong>Bruxelles<\/strong>. Finalement, elle posera ses valises \u00e0 <strong>Nancy <\/strong>et y entreprendra des \u00e9tudes en Histoire de l&rsquo;Art.<!--more--><\/p>\n<p>C&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;elle rencontre <strong>Miron Zlatin<\/strong>, \u00e9tudiant en agronomie \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de Nancy. Il se marient en 1927.<\/p>\n<p>En 1929, le couple ach\u00e8te une ferme agricole \u00e0 Landas dans le Nord de la France. L&rsquo;exploitation conna\u00eetra d&rsquo;ailleurs un succ\u00e8s.<\/p>\n<p>En 1939, Miron\u00a0qui est d&rsquo;origine Russe et Sabine sont naturalis\u00e9s fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>A la d\u00e9claration de guerre en septembre 1939, <strong>Sabine Zlatin<\/strong> d\u00e9cide de s&rsquo;inscrire \u00e0 des cours d&rsquo;infirmi\u00e8re militaire qui sont dispens\u00e9s par la <strong>Croix-Rouge \u00e0 Lille<\/strong>. Au vu de l&rsquo;avanc\u00e9e des troupes allemandes, Miron et Sabine qui sont tous les deux juifs de confession, d\u00e9cident de d\u00e9m\u00e9nager \u00e0 <strong>Montpellier<\/strong>.\u00a0Sabine travaille jusqu&rsquo;en 1941 \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital militaire d&rsquo;o\u00f9 elle sera cong\u00e9di\u00e9e en vertu des lois raciales du <strong>gouvernement de Vichy.<\/strong><\/p>\n<p>Sabine mise en contact aevc <strong>l&rsquo;Oeuvre de Secours aux Enfants (OSE),<\/strong> d\u00e9veloppe une action de sauvetage des enfants se trouvant dans les camps d&rsquo;Agde et de Rivesaltes.\u00a0<\/p>\n<p>Les Zlatin s&rsquo;installe alors dans un petit village nomm\u00e9 <strong>Izieu<\/strong> et y fondent la <strong>Colonie des enfants r\u00e9fugiers<\/strong> de l&rsquo;H\u00e9rault. Rapidement, la colonie devient c\u00e9l\u00e8bre et de nombreux parents juifs y d\u00e9posent leurs enfants afin de les mettre en s\u00e9curit\u00e9. Le but est d&rsquo;accueillir des enfants pour la plupart d\u00e9j\u00e0 orphelins et de les faire passer ensuite en Suisse.<\/p>\n<p>De mai 1943 \u00e0 avril 1944, ce sont plus de 100 enfants juifs qui seront accueillis \u00e0 la colonie.<\/p>\n<p>Le 6 avril 1944, Sabine Zlatin craignant de plus en plus pour la s\u00e9curit\u00e9 des enfants, part \u00e0 Montpellier demander de l&rsquo;aide \u00e0 l&rsquo;abb\u00e9 Prevost afin de mieux cacher les enfants avant leur transfert en Suisse. Pendant ce temps \u00e0 Izieu, <strong>Klaus Barbie, de la Gestapo de Lyon<\/strong> effectue\u00a0la raffle des <strong>44 enfants<\/strong> pr\u00e9sents et de 7 adultes.<\/p>\n<p>A son retour \u00e0 la colonie, Sabine d\u00e9couvre l&rsquo;ampleur de la trag\u00e9die, ils ont tous \u00e9t\u00e9 emmen\u00e9s y compris son mari. On ne peut imaginer l&rsquo;effroyable douleur\u00a0qui fut la sienne \u00e0 cet instant. Seul un \u00e9ducateur parvint \u00e0 s&rsquo;enfuir gr\u00e2ce \u00e0 la solidarit\u00e9 des habitants du village.<\/p>\n<p>Sabine Zlatin gagne alors Paris o\u00f9 elle est nomm\u00e9e <strong>h\u00f4teli\u00e8re-chef du Centre Lutetia<\/strong> o\u00f9 les d\u00e9port\u00e9s sont accueillis \u00e0 leur retour des camps. Elle y attend avec espoir durant de longs mois le retour des enfants et de son mari.<\/p>\n<p>Seule une jeune fille reviendra des camps, <strong>L\u00e9a Feldblum<\/strong>. Les autres enfants ont \u00e9t\u00e9 gaz\u00e9s d\u00e8s leur arriv\u00e9e \u00e0 Auschwitz.\u00a0<strong>Miron Zlatin<\/strong> et deux gar\u00e7ons adolescents ont \u00e9t\u00e9 emmen\u00e9s dans des camps de travail en Estonie et y seront fusill\u00e9s.<\/p>\n<p>Sabine Zlatin apprend officiellement en juillet 1945 que son mari est d\u00e9c\u00e9d\u00e9. Apr\u00e8s la fermeture de l&rsquo;h\u00f4tel Lutetia, elle s&rsquo;installe d\u00e9finitivement dans la capitale fran\u00e7aise et d\u00e9cide de se consacrer \u00e0 la peinture. Elle signera de nombreuses toiles du nom de <strong>Yanka<\/strong> qui \u00e9tait le surnom que lui avait donn\u00e9 son papa.<\/p>\n<p>Sabine sera tr\u00e8s active lors du proc\u00e8s de <strong>Klaus Barbie<\/strong> d\u00e9clar\u00e9 en 1987 coupable du crime des enfants et des adultes de la Maison d&rsquo;Izieu. Elle y t\u00e9moignera de fa\u00e7on bouleversante.<\/p>\n<p>En 1994, le <strong>Pr\u00e9sident Fran\u00e7ois Mitterrand<\/strong> inaugura la Maison d&rsquo;Izieu devenu un mus\u00e9e ayant pour th\u00e8me les enfants juifs d&rsquo;Izieu et le crime contre l&rsquo;humanit\u00e9 et dont Sabine est pr\u00e9sidente-fondatrice.<\/p>\n<p>Avec l&rsquo;ancien v\u00e9lodrome du Val d&rsquo;Hiv&rsquo; et le camp d&rsquo;internement de Gurs, la Maison d&rsquo;Izieu\u00a0fait partie des trois lieux de la m\u00e9moire nationale des victimes des pers\u00e9cutions racistes et antis\u00e9mites et des crimes contre l&rsquo;humanit\u00e9 commis avec la complicit\u00e9 du gouvernement de Vichy et reconnus comme tels par le d\u00e9cret du Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique du 3 f\u00e9vrier 1993.<\/p>\n<p>Sabine Zlatin s&rsquo;est \u00e9teinte \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 89 ans en septembre 1996. Elle avait r\u00e9dig\u00e9 auparvant <strong>ses m\u00e9moires \u00ab\u00a0La dame d&rsquo;Izieu\u00a0\u00bb<\/strong> qui comprend un avant-propos de Fran\u00e7ois Mitterrand et sa d\u00e9position au proc\u00e8s de Klaus Barbie.<\/p>\n<p>En 2007, un tr\u00e8s beau<strong> t\u00e9l\u00e9film<\/strong>\u00a0r\u00e9alis\u00e9 par Alain Wermus et ayant pour titre \u00ab\u00a0<strong><em>La dame d&rsquo;Izieu<\/em><\/strong>\u00a0\u00bb a \u00e9t\u00e9 diffus\u00e9. C&rsquo;est l&rsquo;actrice V\u00e9ronique Genest qui\u00a0joue le personnage de Sabine Zlatin. La derni\u00e8re sc\u00e8ne du t\u00e9l\u00e9film est particuli\u00e8rement poignante : on y voit une Sabine Zlatin \u00e2g\u00e9e qui t\u00e9moigne au proc\u00e8s de Barbie, puis\u00a0soulag\u00e9e qui apprend le verdict. Elle se voit alors seule dans la salle du Palais de justice et revoit les enfants d&rsquo;Izieu et son mari Miron avec qui elle se met \u00e0 danser.<\/p>\n<p>Danser en signe du \u00ab\u00a0bonheur\u00a0\u00bb que cette sentence a pu lui procurer. Justice a \u00e9t\u00e9 rendue et la m\u00e9moire des enfants et adultes d&rsquo;Izieu \u00e0 jamais pr\u00e9serv\u00e9e. Un combat que cette <strong>r\u00e9sistante fran\u00e7aise<\/strong> de la premi\u00e8re heure a men\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 son dernier souffle.<\/p>\n<p>(Copyright photo : C.Rouland &#8211; website <a href=\"http:\/\/www.izieu.alma\/\">www.izieu.alma<\/a>)<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>Film &#8211; m\u00e9morial &#8211; photo<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sabine Zlatin, de son nom de jeune fille Chwast, est n\u00e9e \u00e0 Varsovie en 1907. Elle est la petite derni\u00e8re d&rsquo;une grande famille qui compte avec elle 12 enfants. 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